Roland SIMONET n’est plus

Roland SIMONET n’est plus

Tout au long de l’après-midi de Noël, la rumeur a circulé pour ne cesser de s’amplifier : Roland SIMONET venait de décéder à l’âge de 79 ans. Une nouvelle brutale qui a plongé l’Athlétisme Metz-Métropole, et au-delà, le monde de l’athlétisme lorrain, dans l’incrédulité la plus totale, puis face à l’irréversible évidence, dans une incommensurable affliction.

Même une semaine après sa disparition, le choc est toujours vif et d’autant plus violent que Roland se trouvait encore au milieu de ses athlètes dimanche 21 décembre à la Ronde hivernale de Thaon : attentif à l’évolution de la course, souriant et visiblement en pleine forme, il encourageait les uns, félicitait les autres, couvant chacun de ses protégés de toute son affection, qu’ils soient à l’avant-garde du peloton ou à la peine au milieu du long serpentin de coureurs.

Car Roland SIMONET, c’était depuis des décennies une relation viscérale avec ses athlètes, un dosage instinctif, fait de rigueur et de bienveillance, mais avec la part la plus belle dévolue à l’affect, une générosité venue du plus profond de son être qui poussait toujours au dépassement de soi. Déjà à l’époque où lui-même courait, il possédait le don de rameuter ses compagnons : dans les Vosges en particulier, on se souvient du fort impact qu’exerçait le natif de Kapplekinger sur ses camarades de l’équipe de cross vittelloise au sein de laquelle évoluaient à la fin des années 60 Antoine Borowski et René Moog. C’est d’ailleurs au contact de ce dernier, international aux côtés de Michel Jazy et Jean Wadoux, qu’après avoir découvert l’athlétisme grâce à un perchiste, il se découvre l’âme et les jambes d’un spécialiste de la course à pied, pour qui le fartlek et les notions de fractionné ou d’allures n’auront plus de secrets.

Sans doute aurait-il dépassé la stature d’athlète interrégional qu’on lui attribuait à son retour en Moselle en 1972. Mais c’est l’époque où il décide sans aucun regret de remiser les chaussures à pointes pour endosser la tenue de coach que tant de générations ont révéré : « Déjà quand j’étais licencié à Vittel, je m’investissais de plus en plus pour les autres que j’avais envie de guider pour essayer de les faire progresser », racontait-il un jour à des amis du Comité Directeur de la Ligue, tout heureux de recueillir des confidences d’un personnage habituellement discret quant à sa vie privée.

La suite, on la connaît : des files, des légions ininterrompues de crossmen, de demi-fondeurs ou de marathoniens, de toutes conditions, de tous niveaux, qui avancent et progressent sous la houlette de Roland, simples anonymes, coureurs occasionnels du dimanche ou champions évoluant en pleine lumière. Une cohorte d’abord conduite par l’ancien

Président du Conseil régional de Lorraine, Jean-Pierre Masseret, dont on ne connaîtra jamais les limites au marathon, avant le relais planétairement assumé par Bob Tahri, puis plus près de nous par les frères Théodore et Fidélio Klein, et tant d’autres dépositaires de sa conviction profonde : l’Humain avant toute chose.

Ainsi sa vie d’entraîneur n’a-t-elle jamais cessé d’emprunter sa lumière à l’affection d’athlètes dont il était plus qu’un simple mentor : un peu comme un second père.

Mais il est tout aussi vrai que son quotidien a été pendant près de 50 ans, illuminé par le soleil de sa vie : sa femme Chantal qui avait tout naturellement épousé sa passion, qui l’accompagnait dans tous ses déplacements, et dont le décès au début de la débâcle sanitaire de 2020 l’avait très douloureusement meurtri.

Puis il y eut le départ de son beau-frère Hervé.

Et il y eut en ce jour de Noël 2025, la disparition de Roland SIMONET qui a inondé de chagrin le cœur des licenciés de l’A2M et de milliers d’athlètes qui se sentent aujourd’hui bien orphelins.

Dans ces moments si pénibles, les membres du Comité Directeur, les athlètes, entraîneurs et dirigeants de la Ligue d’Athlétisme de la Région Grand Est adressent à la famille de Roland SIMONET, à ses amis, aux licenciés et au Président de l’A2M, leurs condoléances émues et les prient de croire en leur profonde sympathie.

Jean-Pierre Déloy

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