Le monde de la marche athlétique est en deuil. Nous venons d’apprendre le décès de Roland ANXIONNAT qui nous a quittés ce dimanche 30 novembre alors qu’on avait à peine célébré ses 98 ans.

En évoquant sa mémoire, ses amis parlent de lui comme d’une figure emblématique qui a profondément marqué la discipline si exigeante de la marche. C’est pourtant dans d’autres activités que Roland est entré dans l’univers du sport, puisqu’il créa dans les années 1950 un club de basket à Granges-sur-Vologne dans les Vosges, puis un club de cyclisme, avant de devenir lui-même un excellent spécialiste de cyclo-cross et de cross-country.
Une décennie plus tard, il s’installait à Guénange, en Moselle, où il fonda un club d’athlétisme dont il devint l’entraîneur hors pair, tout en se lançant lui-même dans une nouvelle pratique : la marche de grand fond. Il révéla dès lors des qualités exceptionnelles qui lui valurent de décrocher nombre de titres nationaux et régionaux, des faits de gloire dont émergent une magnifique 3e place au mythique Paris-Strasbourg (507 kilomètres parcourus en 68 heures), une probante victoire aux 28 heures de Roubaix et son chrono de 22h 48’42’’ aux 200km de Conflans le 5 mai 1974.… Autant d’exploits glorieux qui sont à jamais inscrits dans le marbre de sa résistance peu ordinaire !
L’heure de la retraite ayant sonné, il revint dans ses Vosges de cœur pour s’investir, sans être comptable de son temps, dans de nombreuses associations. C’est ainsi qu’il devint entraîneur à Rambervillers et Bruyères, prenant sous sa tutelle bienveillante un nombre impressionnant de marcheuses et de marcheurs, parmi lesquelles brillait sa fille Claudine, elle aussi adepte des grands espaces et qui a reçu avec amour le flambeau paternel : ce n’est là pas la moindre victoire de ce grand Monsieur qui a constamment offert son temps à la pratique sportive, lui l’ancien apprenti-boulanger devenu chef d’entreprise jusqu’à sa retraite.
Ayant fermé le chapitre des compétitions dans les années 1980, il ne quitta pas pour autant le microcosme des marcheurs auxquels il n’a jamais cessé d’apporter sa présence bienveillante et respectée et ses innombrables qualités humaines, notamment sa modestie et sa générosité qu’il semait sur les sites de compétition qu’il n’hésitait pas à rallier le plus souvent à vélo ! Oui, un immense personnage qui va beaucoup manquer à l’univers de la marche athlétique.
À Claudine, à sa famille, à ses clubs de cœur, Bruyères, Rambervillers et Guénange, et à tous ceux qui l’ont aimé, nous présentons nos condoléances profondément émues.
Jean-Pierre DELOY